La selle de dame, selle à fourches, ou à cornes…

Petite approche historique de l’évolution de la selle de dame.

Si l’on traverse l’histoire, des idées préconçues s’étiolent, les femmes sont montées à califourchon à une époque très éloignée (grecque et romaine) sur un tapis primitif, et ensuite une sorte de bât avec un arçon muni d’un pommeau.

Ensuite elles monteront à cheval, sur la « Sambue », construite sur la base d’un arçon, avec une planchette pour y reposer les pieds, les dames ont les jambes du même côté, à gauche…

Moyen-Age les dames chevauchaient sur une sambue, la planchette apparaîtra au XIVème siècle.

Epoque féodale , la garniture des panneaux jusque là faite de paille est constituée de laine.
Evolution de la taille des battes, poignées laissant place au pommeau, adaptation pour les robes des dames…

Renaissance , broderies, tissus raffinés, métaux précieux ornent ces sambues qui restent un moyen de se déplacer à cheval, de suivre au pas les laisser courres mais non de faire de l’équitation.

XVème siècle La dame est toujours perpendiculaire à la marche du cheval, et bien qu’Anne de Bohême ait toujours cherché à se tenir autant que possible face à la marche du cheval, c’est Catherine de Médicis, un siècle plus tard, grâce à sa hardiesse à cheval et son désir de suivre les cavaliers lors des chasses qui imaginera une fourche autour de laquelle se place la jambe droite…
S’il n’y a qu’une personnalité féminine à retenir, c’est, certainement, celui de Catherine de Médicis , téméraire à cheval, kamikaze peut-on dire sans conteste…

La révolution est commencée, les évolutions vont se succéder…

XVIIIème siècle , la première selle de dame lui permettant d’être vraiment face à la marche du cheval, apparaît au XVIIIème siècle, la conception de la selle est différente, s’éloignant de la Sambue, les battes disparaissent, ne reste que la poignée qui permet de s’accrocher en cas de perdition, la planchette aussi pour être remplacée par un étrier plus étroit que ceux des selles à califourchon pour évoluer vers l’étrier pantoufle…

Sous Louis XV , milieu du XVIIIème siècle, nous allons commencer à parler équitation de dames, les vêtements sont plus adaptés, la cavalière autonome…
N’oublions pas que jusqu’à la Révolution les dames avaient le choix de monter comme les hommes et faire ce qu’ils faisaient ou évoluer en selle de dame.
La selle continue son évolution on trouve des petits dosserets, …
Evolution, polémique sur les matières, tout cuir ou pas…

Fin du XVIIIème siècle , nous sommes à présent à la fin du XVIIIème siècle, s’il n’y a qu’une personnalité masculine à retenir dans le monde de l’équitation féminine c’est bien Louis Pellier qui pensa à une troisième fourche pour donner plus de solidité à la cavalière qui n’avait que sa cuisse droite installée dans un berceau de fourches ou cornes. La fourche inférieure, donne solidité et aisance à l’amazone…
Nous avons parlé de révolution au XVIème siècle (Catherine de Médicis), Linda Fleitman Bloodgood auteur d’un livre, trésor d’informations sur la monte en amazone… parlera de «déclaration d’indépendance de la femme» avec cette troisième fourche…
Polémiques sur la selle à deux fourches en berceau ou à trois fourches avec la fourche inférieure, cette fourche n’a pas fait l’unanimité à ses débuts…

Sous Napoléon III , la tenue devient plus stricte et plus adaptée à la pratique de l’équitation

1885 l’incident est clos et on ne fabrique plus que des selles à trois fourches… L’étrier pantoufle disparaît peu à peu, et laisse place à des étriers ingénieux de sécurité au même moment la fourche du côté droit de la selle qui forme le berceau, diminue, pour disparaître dans les années 1890.
Les améliorations se succèdent, l’ouverture de la selle au niveau du garrot, le sanglage, l’adoption de la balancine…

Voici une selle à battes, à deux fourches, pouvant être utilisée pour monter à la marchande ou en amazone, sur de petites montures.

Cette selle rassemble plusieurs époques à elle toute seule et peut très bien avoir été réalisée avant la révolution ou juste après. Prochainement restaurée, le maître sellier à l’oeuvre pourra tout découvrir de cette selle en la déshabillant…

De nos jours , la selle à fourches est similaire à celles des années 1890.
Certaines ont un siège plus plat que d’autres, les formes de fourches diffèrent, les selles anglaises et françaises, mais surtout les selles à fourches de travail, comme la selle Camargue, Doma Vaquera, ou encore la selle western…

 

Ouvrages complets qui permettent de mieux appréhender l’évolution de la selle à fourches :

  • « La selle et le costume de l’amazone » , Jules Pellier – Ed Jean-Michel Place
  • « The saddle of queens » – Lida Fleitman Bloodgood (1959) – Ed J.A. Allen
  • « Monter en amazone » Jehanne Cabaud – Ed Belin